Par Julie Peh
Au Cameroun, la question migratoire prend une nouvelle dimension. Dans un contexte marqué par des transformations profondes, les autorités s’attellent à repenser la Politique Nationale Migratoire (PNM), afin de mieux répondre aux réalités actuelles. Sur le terrain, les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), appuyées par les autorités traditionnelles et communautaires, s’imposent comme des acteurs incontournables. Elles assurent l’accueil des migrants, facilitent leur intégration et contribuent à maintenir la cohésion sociale dans les territoires.
Ces acteurs locaux saluent la démarche participative engagée dans la révision de la PNM, qu’ils considèrent comme une avancée vers une gouvernance migratoire plus inclusive, ancrée dans les réalités locales et tournée vers le développement. Au fil des années, le Cameroun s’est affirmé comme un espace de mobilité complexe, à la fois pays d’origine, de transit et d’accueil. Les crises sécuritaires dans certaines régions, les effets du changement climatique et les dynamiques économiques ont accentué les déplacements de population.

Dans ce contexte, la migration n’est plus perçue uniquement comme un défi, mais aussi comme une opportunité de développement local. Les CTD, en première ligne, jouent un rôle déterminant dans cette transformation. Leur proximité avec les populations leur permet d’anticiper les besoins, de gérer les tensions et de promouvoir des initiatives favorisant l’inclusion. La co-construction de la Politique Nationale Migratoire traduit ainsi une volonté de mieux articuler les politiques publiques avec les réalités du terrain, en intégrant davantage les acteurs locaux dans la prise de décision.
Une approche qui pourrait renforcer durablement la gestion des mobilités au Cameroun, tout en valorisant leur potentiel pour le développement territorial.
